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Arthas

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Arthas

Message par Arthas le Sam 13 Sep - 16:26

Pour Somemaru Kurayami


Fiche personnelle :

- Prénom :Anthony
- Âge :115 ^^(une blagounette bien sur ^^)
- Sexe :Masculin
- Niveau RP (faible/moyen/bon/élever) :A vous de voir!
- Autre :Rien
- dites à votre façon une phrase qu'il faut respecté sur ce forum: Les règles XD


Fiche RPG :
- Nom :Menethile
- Prénom :Arthas
- Âge :Oula sa sa sera dur étant mauvais en mathématiques!
- Taille :1,80 mètres
- Poids :75 kg
- Cheveux :Blond
- Yeux :Ba Bleu
- Village (Konoha / Suna / Oto / Kiri / Déserteur) Very Happyéserteur ou Kiri!
- Affinités (Katon / Suiton / Doton / Raiton / Futon) [2 maximum] :Ba je vais prendre Suiton,mais après,se sont s'est pouvoir a lui.

- Description physique (5 lignes minimum) :
Description Physique :
Assez
grand et svelte, 1.80m pour 75 kg, Arthas avait hérité de la force et
du courage de son père et des doux traits de sa mère. Ses cheveux
clairs, presque argentés, tombe sur son beau et fin visage , et cache
parfois ses yeux d'argent. Sa peau est sombre, voir un peu violacé. Ses
muscles saillants se dessinent sur son corps, et se musclent un peu
plus chaques jours en portant la lourde armure et l'épée du jeune Drow,
qu'ils portent et maitrise avant une facilité déconcernante.

- Description mentale (5 lignes minimum) :Description Mentale :
Arthas
est intrépide et plutôt courageux. Ne voulant pas déshonorer le nom de
feux son père, il se jure de suivre ses pas. N'ayant confiance qu'en
peu de monde, il est très méfiant. Ce qui lui vaut un caractère assez
froid, surtout envers ses adversaire, avec qui il est impitoyable. Il
n'existe qu'une seule personne avec qui il se sent bien. Primant
l'honneur, il haï la traitrise et la lâcheté, malgré qu'il s'en soit
fait une raison dans ce monde. Il voue une haine envers les sylvain qui
ont chassé son peuple, et tué son père..


- Histoire de votre personnage (20 lignes minimum) :


Bienvenue, lecteur. Tu tiens entre tes
mains le grimoire de ma vie. Ou plutôt de mes vies et de mes morts. Ici
j’ai transcrit tout ce que j’ai vécu, dans ma traversée du monde qui
dure a présent depuis 1 000 ans. Ceci est mon histoire..



Chapitre I : Première naissance

Commençons
par l’histoire de mon père... Je me dois d’en faire un résumé, pour que
le lecteur comprenne le contexte historique et politique de cette
époque. Il était l’un des nombreux seigneurs humains qui se partageait
les plaines de Lorndor. Le monde vivait une de ses époques les plus
sombres, une période sanglante de guerre incessantes. Rien n’a changé,
me direz vous… Mais il ne s’agissait pas du même genre de guerre. A
l’époque, il s’agissait de guerres de masses. Des armées rassemblant
des peuples entiers se fracassaient dans le gémissement du métal. . Mon
père n’était pas le moins sanguinaire des seigneurs. Comme les autres,
il envoyait ses sujets à la mort par milliers. Ayant réussi à s'imposer
comme le plus puissant des chefs de guerres, il possédait le titre de
Roi des Hommes. Titre honorifique seulement, car il n'avait autorité
sur aucun autre seigneur, et très peu étaient ses vassaux.



Sa
femme, la Reine, était admirée, respectée et aimée du peuple,
contrairement à son mari. C'était une femme extrêmement belle, et sa
générosité était légendaire. De toutes les contrées venaient des
paysans pour admirer cette femme, et espérer sa bénédiction que l'on
disait miraculeuse. Elle tomba enceinte de son premier fils alors que
le royaume était au sommet de sa puissance. La dynastie était forte et
respectée, ce qui laissait espérer une descendance qui reprendrait le
flambeau familial. La grossesse dura 13 longs mois, mettant le couple
royal à la torture. Finalement, ce qui s’annonçait comme une délivrance
s’avéra une tragédie. La Reine mourut en couches, et mon père, me
considérant comme celui qui l’avait tué, me haï. Il ne me renia
cependant pas, voulant s'assurer une descendance et ne voulant pas se
remarier. Ce jour fut marqué par un deuil du peuple entier, et ma
naissance se fit dans des draps de soie noirs.

Je grandis donc
dans la haine d’un père. Le Roi étant trop occupé par les affaires de
la guerre, qui battait son plein, on m'assigna un tuteur nommé Cryptus.
Il était chargé de mon éducation, tant dans l'art du langage, que celui
des chiffres et celui de la guerre. Etant un maître respecté à la cour,
il fit son travail avec efficacité. C'était un grand homme, un ancien
héros de guerre, un général à la retraite qui était un ancien frère
d'arme du Roi. Il avait participé à de grandes batailles, avait
contribué à édifier le royaume par sa vaillance et son jugement
éclairé. Il était bon,et les années passées en sa compagnie firent
qu'il me considéra bientôt comme son fils. Des rumeurs couraient
d'ailleurs sur le fait qu'il aurait été l'amant de la Reine. Mais, au
fil des années, j'y croyais de moins en moins, reconnaissant l'extrême
fidélité du soldat à son Roi. Jamais il n'aurait osé le trahir, et
encore plus de cette manière. Mais même en sachant cela, je ne
considérais jamais le Roi comme un père. Je ne le haissait pas, car
j'avais enfin trouvé en Cryptus quelqu'un à aimer. Personne d'autre
n'osait m'approcher, mon apparence rappelant chez ces êtres
supersticieux celle d'un démon.

Mes cheveux ont toujours été
blancs. Pas un blanc argenté, grisonnant comme celui des anciens, mais
blancs comme ceux d'un albinos, qui étaient considérés comme possédés.
Ma peau avait aussi ces caractéristiques, douces mais très pâle. Mon
visage fin était éclairé par deux yeux d'un bleu glacial, agressif, qui
donnaient l'impression de transpercer tout ce sur quoi il se posaient.
Je ne connus jamais d'autre compagnie que celle de Cryptus, qui réussi
à me faire devenir moi même un maître des arts guerriers. Je savais
manier l'épée la perfection, et mon sens de la stratégie était devenu
imparable. Chaque jour je m'entraînais avec lui, préparant
inconsciemment quelque chose qui survint le jour de mes 20 ans. Ma
formation étant accomplie, Cryptus quitta son rôle de tuteur et resta
auprès de moi en tant que seul ami. Le Roi vieillissait, mais il était
encore fort et la rancune était toujours vivace dans son coeur.
Détestant par dessus tout me voir heureux, ce qui lui rappelait son
propre bonheur perdu, il voulu m'empêcher de voir Cryptus. Son rôle
étant accompli, il le banni de la cour, à l'indignation générale. Mais
le Roi n'avait que faire des protestations. C'était un guerrier, et ne
jurait que par les actes. Mes rencontres avec Cryptus se firent
clandestines, à la lueur de la lune. Apprenant ceci, le Roi devint ivre
de rage, et fit sur le champ capturer mon ancien maître, pour le tuer
lui-même d'un coup d'épée en plein coeur.

Alors la rancoeur
devint réciproque. Mon coeur rongé par la haine hurlait vengeance. Je
provoquais le Roi en duel, et mettant à profit tout l'enseignement de
Cryptus, je le vainquis, le tuant d'une botte secrète avec un plaisir
non dissimulé. Destiné à prendre sa succession, je montais sur le
trône. Mais ayant commis ce crime grave qu'était le parricide, je ne
pouvait accéder au rang de Roi. Aussi gardais-je le titre de Prince. Le
couronnement, tout comme ma naissance, se fit dans le deuil. Le
royaume, encore une fois, était drapé de noir. Ce fut ce moment là que
choisirent mes pouvoirs pour se réveiller. La magie étant considérée
comme un art interdit, reléguant à cette époque les magiciens au statut
de bannis, Cryptus n'avait pas cherché à savoir si j'y étais
prédisposé. Curieusement, je l'étais. Je disposais même d'une puissance
déconcertante, car sans éducation magique, j'accomplissais sans
fatiguer des sorts d'un niveau digne des plus grands mages.



Chapitre II : L’Empire des Hommes.

Je
ne pris pas longtemps à m'assurer un contrôle total du territoire. Bien
que "seulement" Prince, tous les sujets de mon feu père m'acceptèrent
comme souverain sans difficulté. Le respect des traditions et de la
dynastie royale prenait une grande place dans la mentalité des peuples
humains. Cependant, ce ne fut pas le cas des seigneurs de guerre, qui
me prirent pour un faible, et voulurent m'ôter mes pouvoirs par un
complot. Un attentat eu lieu, tuant tous ceux qui m'entouraient, mais
me laissant indemne, protégé par un bouclier de mana inviolable. Je
l'avais formé intuitivement, ne le créant malheureusement pas assez
grand pour protéger mes serviteurs. Les comploteurs prirent le fuite,
et décidèrent de changer de méthode. Ils attaquèrent au grand jour,
joignant plusieurs armées pour prendre possession de mes terres.

A
leur grande surprise, ils entrèrent dans le royaume sans résistance, si
ce n'était une véritable guérilla dont j'avais mis le réseau en place.
Essentiellement basée sur des attaques éclairs, une organisation sans
faille et des cachettes introuvables, la guérilla semait la terreur
dans les rangs ennemis. Les soldats pensaient se battre contre des
armées, ils se retrouvaient harcelés par des fantômes. Leurs troupes à
l'origine beaucoup plus puissantes que les miennes arrivèrent à la
capitale totalement harassées, hagardes, terrifiées. Elles n'avançaient
plus que sous les coups des officiers.

C'est ce moment que je
choisi pour déployer l'armée régulière. Je fis sortir mes troupes, qui
étaient restées en cantonnement dans la capitale, s'entraînant
d'arrache-pied. Voir ces troupes fraîches se positionner acheva le
moral des ennemis, qui se firent littéralement massacrer. Ce n'était
pas un génocide, une glorieuse bataille, dans l'art de la guerre.
J'étais à la tête de mes hommes, leur insufflant courage et confiance
en la victoire. Les enseignements de Cryptus portaient leurs fruits.
Les chiens de guerres, soumis, me prêtèrent allégeance, devenant mes
vassaux et plaçant sous mes ordres le reste de leurs forces militaires.
Je profitais de cette situation pour soumettre mes voisins, l'un après
l'autre. Je faisais échouer leurs tentatives de coalition en exacerbant
leur fierté de seigneurs. Bientôt, tous les territoires humains furent
à ma botte, et je les unifiais, créant le premier Empire des Hommes.



Cela
ne se fit évidamment pas sans protestations, et je dus lutter contre
une résistance parfois sauvage. Quelques paysans menés par d'anciens
soldats, imittant mes techniques de guerrila contre mes troupes
régulièrent. Mais ils oubliaient que j'étais un maître en cette
matière. En quelques mois, ma résistance fut matée dans tout l'empire,
et je pus me concentrer sur la reconstruction des cités détruites et de
la mise en place d'un commerce plus libre, qui se révéla florissant.
Cela accelera la reconstruction et fit accepter au peuple le contrôle
de l'Empire. Comme j'avais sécurisé l'intérieur, je renforcais les
frontières, installant de puissantes fortifications, gardant mes terres
d'invasions extérieures. L'omniprésence dans les grandes agglomérations
d'un certain nombre de soldats étouffai tout volonté d'insurrection. Ce
n'était pas du tyrannisme, mais l'art de gouverner. L'Empire
connaissait sa première période de prospérité.


Dernière édition par Arthas le Dim 26 Oct - 16:45, édité 1 fois

Arthas

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Re: Arthas

Message par Arthas le Sam 13 Sep - 16:27

[b]Chapitre III : La Horde et l’Alliance

Des
pionniers voulurent explorer les terres de l'Ouest, à la recherche de
richesses inexploitées. Il découvrirent de gros gisement d'or, et
bientôt on vit un nombre impressionant de villages pousser à
l'extérieur des frontières fortifiées. Ce qui devait arriver arriva.
Allant toujours plus loin, les pionniers avides d'or finirent par
tomber sur les tribus orcs qui peuplaient ces montagnes. Ceux-ci
massacrèrent les aventuriers, puis, s'appercevant qu'ils n'étaient
qu'une avant-garde, pillèrent et brûlèrent nombre de villages. Les
hommes se défendaient comme ils pouvaient, cependant, sans l'aide de
soldats entraînés, ils n pouvaient résister bie longtemps. Les soldats
en questions me furent réclamés par les chefs de villages, arguant
qu'après eux, ce seraient mes frontières que les grunts
attaqueraient.Cèdant à leurs demandes de plus en plus pressantes, je
rassemblait un corps expéditionnaire et me rendit sur place pour matter
la tribu orc. Cela se fit sans difficulté, et je rentrais bientôt sur
mes terres.



Cependant,
je n'avais pas soupçonné à quel point les tribus, d'ordinnaire
divisées, pouvaient se rassembler sous la bannière de la haine. Trolls,
Taurens et Orcs se fondirent en une seule et même armée, qui marcha
bientôt vers ma frontière, brûlant tous les villages rencontrés, ainsi
que les pionniers. J'eu vent de l'attaque suffisamment tôt pour pouvoir
rassembler à mon tour une petite armée, composée en majorité des
vétérans des guerres Impériales. La rencontre eu lieu dans une bourgade
fortifiée du nom de Charme. La ville assiégée par la Horde ne pouvai
tenir longtemps. Aussi utilisais-je tout mes pouvoirs pour ralentir
leur avancée, me donnant le temps de rassembler le maximum d'hommes. Je
réutilisais ma technique de guerrila en attaquant à revers les
assiegants, pendant qu'ils se reposaient entre les assauts.
Démoralisées, exténuées, leurs troupes se retirèrent, et me laissèrent
la ville dans un piteux état, aux trois quarts rasée par leurs armes de
sièges.

M'attendant à les revoir bientôt, je renforcais mon
armée du mieux que je pus. Mais je me rendis très vite compte que face
à trois peuples réunis, je ne pouvais lutter à armes égales, quelque
soit la magie que j'utiliserais. Surmontant ma répugnance à demander de
l'aide, je rencontrais les seigneurs Nains, Elfes et Gnomes, afin de
leur demander des renforts. Leur première réaction fut de m'abandonner
à mon triste sort. Cependant, la menace de la Horde sur leurs propres
terres et la promesse de trésors de guerre les fit changer d'avis, avec
la lenteur coutumière aux discutions diplomatiques. Nous conclûmes un
pacte éternel : nous fondîmes l'Alliance.

Prenant les
commandes des quatres armées, je me mis en marche vers le sud ouest, où
mes espions me rapportaient que la Horde se rassemblait. En effet,
lorsque j'arrivais sur place, mes armées firent face à la Horde
entière. Les fiers guerriers de tous les peuples de ce monde s'étaient
réunis dans cette vallée pour la gloire, la richesse, et la mort. La
mélée fut terrifiante. Le bruit des armes couvraient les hurlement des
blessés, piétinés indistinctement par des milliers de soldats en furie.
Après plusieurs heures de combat titanesque, la Horde s'avoua vaincue.
Aucun n'avait survécu : tous s'étaient battus jusqu'a la mort, pour
l'honneur. Quel gâchis... Les eaux du fleuves, rouges, charriaient des
centaines de cadavres. Les corbeaux volaient par milliers pour se
repaître de la folie des peuples. Les trésors de guerres promis furent
trouvés et partagés, et chacun pu rentrer chez soi sous les hourras,
esperant ne jamais revoir l'ombre de la vallée de la mort, qui
porteraient les stigmates de cette batailles des siècles durant.



S’ensuivit
une période de paix et de prospérité comme on n'en avait jamais connue,
pendant laquelle le pays fut reconstruit. Les richesses pillées dans
les royaumes Hordiques nourrissaient l’Empire.
Les colons purent
reprendre "leurs" terres et piller les richesses des terres inexplorées
à qui mieux mieux. Les peuples de l'Aillance eurent ausis leur part du
gâteau, évidamment, mais devant le croissance incroyable de l'Empire,
cela ne leur suffit pas. Ils voulurent piller à leur tour mes terres,
et ourdirent un complot. L'Alliance que j'avais moi même fondée pour me
défendre se retournait contre son créateur...

La première
phase de leur plan de conquête était d'abord de me capturer, m'attirant
dans un palais elfe pour signer un "pacte" diplomatique. Mais avant
même que leurs gardes ne posent la main sur moi, je fis naître un
geyser de flammes autour de moi, qui détruisit la demeure des félons en
quelques secondes. Furieux, j'en profitais pour détruire la capitale
entière sous les flammes de la colère, me dressant tel un démon au
milieu du brasier qui ravageait la forêt, riant devant la terreur des
foules qui fuyaient pour trouver un refuge loin de moi. Les armées
elfes, voyant à quel point ma présence pouvait être néfaste pour leur
forêt sacrées, me laissèrent rejoindre mon royaume et firent serment de
ne pas m'attaquer. De toute façon, il leur fallait se trouver un
nouveau souverain après que leur famille royale soit réduite en
cendres. On me sous-estimais visiblement, chez mes anciens alliés. Ma
demande d'aide contre la Horde leur avait laissé l'image d'un souverain
faible. Quelle erreur n'avaient-ils pas fait...

Les Gnomes,
leur armées cachée dans une vallée non loin de ma frontière Nord-Est,
attendaient le signal des elfes pour se mettre en marche. Signal
qu'évidamment ils ne reçurent pas. Ce fut un jeu d'enfant de faire
fondre un glacier en amont, qui emporta toutes leurs troupes vers la
mer, noyées dans un flot rugissant. Mais les nains posèrent problème.
Ils envoyèrent une force expéditionnaire qui fuit devant mes forces, et
que je poursuivi dans les montagnes. Ce fut ma plus grande erreur.
Perdus dans la neige et le froid, mes hommes mouraient d'épuisement.
Les nains ajoutaient du leur en se livrant à une guerilla acharnée,
sortant de nulle aprt et disparaissant au plus profond de leurs mines
où eux seuls pouvaient survivre.

C’est ainsi que, dans une
embuscade au cœur des montagnes, non loin de la rivière de Bher-Ezina,
l’Empire fut vaincu. Cette bataille contre l’armée affaiblie des hommes
était gagnée d’avance. Mes troupes, qui ne tenaient plus debout que par
la foi et l'instinct de survie, luttaient a quinze contre un. Utilisant
ma magie comme jamais, je fis d'énormes trouées dans les rangs ennemis.
Nombre de guerriers tombèrent sous ma lame et mon pouvoir. Mais
fatalement, je m’affaibli, et finit par tomber au champ d’honneur,
criblé de lames et de flêches, ne pouvant croire que tout ce que
j'avais réussi à batir prennent fin ainsi.

La Horde, puis
l’Alliance... Les nations avait été détruite. Les peuples massacrés. Le
Monde avait été dévasté. Et c'est dans la neige et le sang, au coeur
des montagnes naines, que l’Empire mourut.


Chapitre IV : Nature Mortelle

Impuissant,
je regardais mon sang couler dans la neige, se mélangeant à celui de
centaines de mes hommes. Des cadavres carbonisés de nains jonchaient la
vallée, témoin de mon pouvoir déchaîné. Lentement, mon âme se détacha
de mon corps. Mes sensations s'affaiblissaient, au fur et à mesure que
mon coeur ralentissait... Je finis par me détacher entièrement. J'étais
devenu une âme désincarnée, libre. Sauf que... je sentais un
tiraillement. On tentait de m'attirer vers le haut. Vers les limbes, le
paradis? Non, je ne voulais pas. J'avais encore certaines choses à
faire, et à voir. Le tiraillement cessa, mais je sentais que ce n'était
qu'un répit. Je pris le temps de m'élever au dessus du champ de
bataille, observant les nains transporter leurs blessés, achever les
autres. Je me familiarisais avec ce corps immatériel, que je pouvais
mouvoir à mon gré. Ivre de liberté, je filais au dessus des montagnes,
voulant voir comment se portait l'Empire à la nouvelle de ma mort.

J'arrivais
à la capitale en très peu de temps. La ville était drappée de noir,
selon la coutûme. Mais la nuit vint, et ce fut la fête qui prit le
dessus. On fêtait ma mort. La fin des années de guerres, et de
carnages. Les fous.. Je leur avait apporté la sécurité, la prospérité,
et voici comment on me remerciait... Le lendemain fut marqué par
l'arrivée des Ducs, Barons et autres becs enfarinés. Il se présentaient
pour prendre ma succession. Je sondais leurs âmes, tour à tour,
vérifiant si par chance, l'un était digne d'être Empereur. Aucun ne
l'était, et je n'en était pas surpris. Descendants des Chiens de
guerre, ils n'étaient guère que des chiots nourris aux mamelles de
l'Empire. Aucun évidamment n'avait pris part aux batailles, ni même
proposé sa place en tant que commandant, alors qu'il était d'usage de
former tout les nobliaux aux arts de la guerre, comme je l'avais moi
même été. Ils se dirigaient en procession vers la salle du trône, le
plus riche des seigneurs en tête. Ils allaient prendre place sur mon
trône, symbole de ma puissance, et de mes victoires passées.

Il
ne pouvait en être ainsi. Utilisant toutes les forces de mon âme
désincarnée, je lancais un sortilège éternel sur le trône d'ébène et
d'argent. Quiconque le toucherait mourrait aussitôt dans les affres de
la douleur, transpercé des milles lames qui m'avaient tué dans les
montagnes naines. Seul moi pourrait de nouveau prendre possession du
trône Impérial. Quelques seigneurs se risquèrent à prendre place, mais
ils abandonnèrent vite, voyant leurs prédécesseurs se faire
littéralement déchiqueter par une force invisible. La tradition voulait
que le souverain devait s'assoir sur le trône... Donc les seigneurs
rentrèrent chez eux, dépités. En quelques jours, ils se déclarèrent la
guerre, désirant retrouver la prospérité connue pendant les beaux jours
de l'Empire.

Mais malheuresement, tout en observant, je
m'étais vidé de mon énergie mentale, et je sentis bientôt revenir le
tiraillement. cette fois, je me lassais faire, laissant mon oeuvre être
déchirée par les chiens de guerres, comme la carcasse d'un géant mort.
Mon âme montait, montais, traversant les nuages. Je me sentit passer
dans un autre plan d'existence, et à travers mes yeux immatériels je
pus voir une porte auréolée de lumière. Le Valhalla, le paradis des
braves... Entre les portes béantes, Cryptus, jeune, qui me fait des
signes de bienvenue, sourire aux lèvres. Je pleure des larmes de
bonheur. Enfin, je le retrouve. Enfin, je vais connaître la paix.

Mais
le destin n'en voulait pas ainsi. Alors que je m'approchais des portes,
l'expression de mon maître changea du tout au tout. Elle se fit d'abord
dure, puis extrèmmement triste. Ses bras retobèrent le long de ses
flancs, après un signe d'adieu. C'est alors que la douleur me prit. Une
intense douleur, parcourant tout mon corps comme une flamme, et je me
sens chûter. A travers mes larmes de sang, je voyais la terrecse
rapprocher. Un sol rouge de sang, carbonisé par les feux de l'enfer.
Une ouverture béante dans laquelle je tombe, droit vers le plus profond
de ce monde cauchemardesque. Ma chûte ralenti, et je me posais bientôt
sur le sol dallé de noir d'une crypte majestueuse, bien que sombre et
souterraine. Au centre de la salle obscure, une seule présence. Une
forme irradiant la puissance, assise sur un trône noir, marqué par le
symbole de la mort.



Je
frissones. Je sais devant qui je me trouve, et je ne sais quelle
attitude adopter face à Thanatos lui-même. Lui se contente de
m'observer à travers les ténèbres de sa capuche. Je ne sais combien de
temps je reste prostré ainsi, m'offrant a son regard. Je sens qu'il
sonde mon âme. Je sens en lui de la fierté. Pourquoi ? J'essaye de
parler. Mais je suis en son pouvoir, et c'est lui qui me parle, sa voix
profonde sortant de l'ombre de sa cape. Il me dit que j'ai fait du bon
travail. Mai que malgré tout, je suis loin d'en avoir terminé. Ma tache
n'étant pas achevée, il va me renvoyer là d'où je viens... M'accordant
le don d'immortalité, et me confiant une mission.

J'essaye de
parler. Je veux comprendre. Pourquoi moi ? Qui suis-je ? J'hurle mais
aucun son ne sort de ma bouche. D'un geste qui découvre sa main de
squelette, il me renvoie vers une porte, une porte marquée d'une tête
de mort. Celle-ci s'ouvre à mon approche, m'avalant sous les rires de
Thanatos.

Je sombre. Mes sensations reviennent, se calquent à
mon corps enfoui sous la neige. Je m'extirpe de la gange blanche, et
ouvre les yeux. Je pose un nouveaux regard sur le monde. Un regard de
la couleur du sang.
[/b]

Arthas

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Re: Arthas

Message par Arthas le Sam 13 Sep - 16:27

[b]Chapitre V : La Quête de l’Aïeul

Alors
je parti vers le nord, poussé par une inbtuition qui devait être
insipré par la Mort. Essayant de trouver des traces de ce qui avait été
un Prince, puis un Roi. Le seul indice que j’obtins fut une légende,
remontant au temps anciens. J’appris qu’une grande guerre avait eu
lieu, et que mon ancêtre, luttant contre les Undead (qui avait disparu
depuis puis étaient reparu a cause de moi, et de ce que j'avais infligé
au monde), avait été corrompu par sa lame Frostmourne. Cela m’intrigua,
et je cherchais à en savoir plus sur l’épée. Mais je ne trouvais rien.
Cette histoire s’était perdue dans les limbes du temps. Alors je repris
mon errance, parcourant le monde à la recherche d’un signe.

Je
finis par entendre parler, dans l’extrême nord, pays des neiges
éternelles, d’une puissante sorcière qui détenait une magie
incroyablement puissante. L’espoir avait quitté mon corps d’Undead,
mais je parti tout de même vers cette magicienne. La population était
terrorisée, elle vivait dans une peur constante… Et je compris bientôt
pourquoi. La magicienne avait sous ses ordres un terrible Undead.
J’appris qu’il s’agissait d’un guerrier qui errait dans les montagnes.
La magicienne le tenait sous son pouvoir par un puissant sortilège
grâce a un objet terrifiant, venu lui aussi du fond des ages. C’était
une dague, qui avait été plantée dans le cœur de l’Undead et qui était
détenue en lieu sûr par la sorcière. Je finis par le rencontrer, et il
me dit qu’il était le Gardien du corps d’Arthas, et que c’était la
magicienne qui possédait ce que je cherchais. Celle-ci, comprenant le
but de ma présence, ordonna au gardien de me tuer.



Mais
malgré son ancienneté, il ne put rien faire contre le pouvoir que la
Nature et la Mort m’avaient conféré. Ainsi je le vainquis, en lui
promettant de garder, à mon tour, l’équipement de mon ancêtre. Il
pouvait partir, son devoir était accompli, il laissait ces puissants
artefacts dans les mains d’un propriétaire légitime.

Après sa
défaite, je me mis en quête du château de la sorcière. Je le trouvais
non loin du sommet de la montagne, dans ce qui est certainement l’un
des endroits les plus froids de Lorndor. C’était un château tout a fait
sinistre, de toute évidence créé par magie. J’entrais sans rencontrer
de résistance. Il régnait une atmosphère malsaine en ces lieux, une
odeur de sang suintait des murs… Je trouvais finalement la magicienne,
au sommet du donjon. Elle m’attendait et avait préparé ses sorts les
plus puissants.



Le
combat fut bref mais sanglant. Le déferlement de magie détruisit la
moitié du château. J’étais gravement blessé, mes mon ennemie était
morte, déchiquetée par ma magie de la Mort. Le silence environnant, le
calme après ce combat impitoyable me permit de ressentir une sourde
pulsation au fond de mon être. Ce n’était pas mon cœur, car en tant
qu’Undead il ne battait plus. C’était Frostmourne qui m’appelait. Je
creusais les décombres pour trouver une porte vers un souterrain. Il
régnait à l’intérieur un silence et un froid de tombeau. C’en était un.
Au fond je trouvais la tombe d’Arthas, et je fis basculer la lourde
dalle qui cachait le cadavre. Le corps n’y était pas, mais Frostmourne
et l’armure y était. Je pris l’épée pour l’examiner, et un je vis
qu’elle était magnifique, extrêmement puissante… mais maléfique. Je la
posais de côté pour admirer les pièces de l’armure qui reposait au fond
du caveau. C’était une armure faite d’un métal sombre, mais luisant de
pouvoir. Le casque surtout attira mon regard, un heaume noir dont le
haut formait une couronne. Une incroyable gemme bleue ornait son front.
Je mis l’armure, rangeais la lame dans son fourreau que je mis a la
ceinture. Je sentis l’âme d’Arthas sonder la mienne puis partir comme
l’avait fait celle du Gardien. Je me sentais invincible.

Chapitre VI : Douleur et Folie

Cependant,
l’âme de la sorcière, bien que désincarnée, était avide de vengeance.
Elle avait conservé son emprise sur ses familiers. C’est ainsi que je
vis un homme lézard se jeter sur moi alors que j’étais encore trop
faible pour le détecter. Il attaqua avec une telle vitesse qu’il eu le
temps de me planter une dague dans le cœur, en se faufilant entre les
plaques de l’armure. La lame se planta dans ma poitrine avec un bruit
sec, et un froid intense m’envahi, alors que je sentais une ombre noire
s’introduire en moi. Le temps de me ressaisir, de comprendre, et la
tête de la créature volait dans les airs. J’arrachais la dague de mon
corps et, de rage, la lançais au loin. J’étais épuisé, totalement
affaibli. Mais j’étais un Undead, et je me remit en marche malgré ma
faiblesse. J’avais rempli mon devoir.

Qu’est ce que la Mort
voudrait de moi à présent ? Cette seule question m’obsédait, pendant
que je traversai les montagnes pour rejoindre le monde des vivants. Que
faire à présent ? Mourir…. Non, j’étais déjà mort. Etait-ce la Dague
qui avait cet effet destructeur sur moi ? La chose que je sentais
bouger en moi… M’épuisait, me brûlait de l’intérieur. Ma condition
d’Undead aurait dû me rendre insensible à la douleur, infatigable… Mais
je savais maintenant qu’il ne s’agissait pas d’une blessure ordinaire.
Ni d’une arme ordinaire. Je comprenais qu’il s’agissait de la dague
avec laquelle la sorcière tenait le gardien en son pouvoir. Je pouvais
a peine marcher. Je trébuchais à chaque pas, me frayant un chemin dans
la neige.

Ce qui devait arriver arriva. Je trébuchais une fois
de trop, et m’effondrais dans la neige. Insensible au froid extérieur
mais horrifié par celui qui m’envahissait, je ne savais que faire.
J’étais trop faible pour me relever. Allais-je tomber ici, après tout
ce que j’avais traversé ? Je fus bientôt recouvert d’un manteau blanc…
Celui, soyeux, de la neige qui continuait à tomber dans mon agonie
désespérée. Je n’avais même plus la force d’appeler la Mort. Alors,
détachée de mon corps recouvert de neige et de douleur, mon âme sombra
dans un puit sans fond…




Chapitre VII : Seconde Mort

Les
années passèrent. Les siècles défilèrent. Je m’étais réveillé. La Mort
m’avait retrouvé et m’avait redonné des forces. Peut-être est-ce cela,
être Undead. Devenir plus fort à chaque mort. J’étais éveillé, mais
toujours coincé sous la neige. J’avais perdu toute notion du temps.
Curieusement, aucun magicien n’était venu me chercher, en quête du
pouvoir émanant de mon armure et surtout de Frostmourne.

Ce
fut au cours d’un été particulièrement chaud que la neige avait fondu
jusqu'à révéler une partie de mon corps. Une compagnie de nains,
passant dans la montagne, me sortit de mon carcan de neige. Ils
croyaient secourir un humain, ou le détrousser. Les fous… Lorsqu’ils
s’aperçurent que je n’étais qu’un Undead, ils voulurent m’achever. Ils
voulaient récupérer mon équipement. Pas étonnant…

Lorsque mon
corps se remit à fonctionner, je compris que j’avais vraiment passé
trop de temps sous cette neige. Tous mes membres craquaient… Et des
éclairs de pouvoirs jaillissaient de dessous ma cuirasse. Les nains,
fidèles à leur habitude, ne prirent pas peur et m’attaquèrent. A vingt
contre un… Ils n’avaient aucune chance. Je sorti Frostmourne, que je
sentais avide de sang. Elle aussi avait dormi trop longtemps… Deux
nains coururent vers moi, la hache levée dans l’intention évidente de
m’éventrer. J’esquivais une hache et bloquais l’autre. Un bras vola,
puis une tête. Les deux attaquants s’écroulèrent. Les autres nains
m’encerclaient. Je pouvais lire la rage dans leur regard. Ils se
jetèrent tous sur moi, comme mus par une volonté unique. Esquive,
tranche, esquive, tranche, esquive, tranche, tranche, tranche… Je
m’amusais comme un fou. Je faisais jouer mes membres, je me dérouillais
après tant d’années. Les membres volaient. J’étais une tornade d’acier.
Tout ceux qui m’approchaient finissaient au sol, se vidant de leur
sang.

En quelques minutes, c’était réglé. Tous les nains
étaient morts ou agonisants… Et moi j’étais mort. Je titubais dans la
neige, par-dessus les cadavres, cherchant un but à tout cela. Je
m’éloignais, me dirigeait vers le sommet de la montagne. Je grimpais,
encore et encore, mu par un sentiment indescriptible. Puis mes jambes
s’arrêterent. J’étais arrivé au sommet. Le monde s’étendait à mes
pieds, tel une offrande faite par Dame Nature.

[/b]

Arthas

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Re: Arthas

Message par Arthas le Sam 13 Sep - 16:28

Chapitre VIII : Et la Mort fut sur le Monde

Saisi
par la beauté de la vision, je tombais à genoux. Mon regard fixé sur
l’horizon, mon esprit perdu dans le vague, à la recherche d’un indice.
Quelque chose qui m’indiquerais ce que je devais faire… J’avais acquis
tant de pouvoir, tant de force, pourquoi ? Pour rester en haut d’une
montagne, à massacrer les fous qui viendraient me déranger ?
Non. La Mort devait avoir un autre plan pour moi. Si seulement je savais lequel…

Mes
pensées s’évanouirent. Je sentais quelque chose… A l’intérieur de moi.
Pourtant, j’étais mort, rien ne bougeait dans cette armure. Rien de
naturel…
Un éclair blanc devant mes yeux. Je me repliais sur
moi-même, serrant mes mains contre mon torse, éprouvant une douleur
telle que je n’en avais jamais senti. Puis, aussi soudainement que
c’était venu, cela reparti.

Je me relevais avec précaution, cherchant du regard ce qui pouvait avoir provoqué cette douleur atroce.
Personne
dans les parages. Pas âme qui vivent à des kilomètres à la ronde, si ce
n’était les minuscules formes de vie grouillant sous la neige, dans
l’attente de jours meilleurs. Qu’est ce cela pouvait bien signifier ?
Mon attention se détacha du monde extérieur, alors que j’essayais de
sentir ce qui se mouvait en moi, et d’en chercher l’origine. Sans
succès. Je devais être resté trop longtemps sous la neige…

Une
présence. Quelque chose etait là, derrière moi. A la vitesse de
l’éclair, je sorti mon arme et tranchait. Dans le vide. Une plume noire
vint lentement se poser sur ma lame tendue. Un rire retenti dans le
silence de la montagne. Un rire glacial, venant du fond des âges. Non,
de plus loin encore. Je cherchais la source du rire. Mais il semblait
venir de partout, et de nulle part à la fois. Enfin, mon regard trouva
celui qui émettait ce son si inquiétant.




Thanatos
lui-même était venu me rendre visite. C’était le signe que j’attendais.
Enfin, une mission à accomplir. Je tentais de m’approcher, mais une
force invisible me retint. Nulle parole ne fut prononcée. Et la
présence disparu, laissant encore une fois une plume noire. Portée par
le vent, elle vint vers moi. Je la laissais voler, la suivant du
regard. Elle effleura ma joue, puis me dépassa, se dirigeant vers le
précipice. Je la suivi du regard autant que je pus, puis commençait à
descendre le flanc de la montagne. J’avais reçu une mission. Et
qu’importe le nombre d’ennemis qu’il faudrait tuer, je l’accomplirais.
La Mort marchait sur le monde.


Chapitre IX : La Flamme du Chaos

J'arrivais
dans la vallée, où coulait une rivière. Pensivement, je regardais
s'écouler le flot qui deviendrais quelques dizaines de kilomètres en
aval, un grand fleuve.
Et je voyais déjà les eaux se teinter de rouge, et les visages grimaçants emerger de l'onde.
Je
fermais les yeux, me préparant à accomplir mon devoir. Depuis si
longtemps j'attendais cela... J'étais né pour cet instant. Le calme
avant la tempête.

Suivant la rivière, j'entendais bientôt les
tambours de guerre et le fracas des armes. Je gravis la coline qui me
masquait la vue, et mon regard put se poser sur un immense champ de
bataille. Je détaillais les combattants. Des humains combattant des
humains... Surement une guerre entre seigneurs pour la domination de
cette plaine désolée.
Meritaient-ils encore le nom d'hommes? Ces
bêtes sauvages, qui ne vivaient plus que pour le goût du sang. Un rire
m'échappa. De qui parlais-je? D'eux, ou de moi?

Aucune
importance. Je savais ce que je devais faire. Dégainant Frostmourne, je
me jettais dans la mélée, tranchant, découpant, tuant,
indisctinctement. Mon arme chantait de joie. Toutes ces âmes versées,
qu'elle buvait avec avidité, me donnant encore plus de puissance. Le
démon de la lame riait de bonheur. Je me rendis compte que moi aussi,
je riais. D'un rire sauvage, maléfique. Rien ne m'atteignait.
Invincible, j'étais la tempête de fer dont personne ne ressortait en
vie.

Bientôt, le combat cessa. Les deux vagues étaient
anéanties. Les armées de renforts, qui se tenaient prêtes à reprendre
le combat, me regardaient avec appréhension. Chacun m'avait remarqué.
Personne ne comprenait qui j'étais. Personne ne pouvait le concevoir.
J'étais
seul, au milieu d'un champ de cadavres. Les corbeaux volaient déjà au
dessus de moi. Il était temps de tester autre chose...

Je
rangainais Frostmourne. Les deux armées suivaient le moindre de mes
gestes, le regard empli de crainte. Je levais les mains, paumes vers le
ciel, fermant les yeux. Des flammes rouges commençaient à courir le
long de mes doigts. Certains soldats, flairant le danger, tentaient de
reculer, de s'éloigner de moi. Mais ils étaient retenus par leurs
propres confrères, immobiles, hypnotisés par le feu courant sur mes
mains.

J'ouvrit les yeux. Eux aussi brillaient d'une flamme
inhumaine. Riant tel un démon, je m'agenouillais et posais les mains
sur le sol, insufflant la flamme de fléau dans la terre. Dans un
premier temps, rien ne se passa. Puis, lentement, des cadavres se
mirent à bouger. Ils se levèrent, empoignant leurs armes et tournant
vers leurs anciens compagnons un regard ou ne brillait plus la flamme
de la vie, mais celle de la haine.
Peu à peu, tous se levèrent, et la terreur montait, perceptible, dans les rangs humains.



Avec
un rugissement de rage pure, les mort attaquèrent les vivants. Ceux-ci
se défendaient comme ils pouvaient, paralysés par la peur. Mais les
morts ne pouvaient mourir une seconde fois. Aussi balayèrent-ils les
rangs des vivants sans difficulté, puis se rassemblèrent autour de moi,
attendant visiblement mes ordres. Mon regard parcouru leurs rangs,
croisant leur regard vide. Le Fléau était de retour sur ce monde. Et
j'étais son maître, le Seigneur des Damnés.


Chapitre X : Les Légions Damnées

Frostmourne
me transmettait son histoire. Tout en me rendant plus puissant, son âme
démoniaque me racontait les évenements des temps anciens, ces histoires
qui étaient devenues avec le temps des légendes et des contes. Le Fléau
avait toujours existé, et tel mon ancêtre Arthas, j'avais pris sa tête.
La boucle était bouclée, un nouveau cycle commençait... Une nouvelle
ère de terreur allait s'abattre sur ce monde.

Mes lèvres
s'étirèrent pour former un sourire inquiétant. Je me mis en marche,
vers le sud. Les morts me suivaient, d'instinct. Et de la même manière,
je savais déjà ce qu'il allait se passer. Les quelques villages
rencontrés sur la route ne firent qu'accroître les rangs de mon armée.
Chacune de mes victimes devenait un de mes soldat sans âme. Je marchais
toujours en tête, attiré par l'activité des hommes, par l'odeur du
sang. Nous n'avions pas besoin de repos, aussi marchions nous nuit et
jour, tuant, massacrant, brûlant tout. Et, au milieu des flammes, fier
de mes carnages, je riais, goûtant avec délice le sang sur ma lame.
Frostmourne chantait. L'héritage du Roi Liche était entre de bonnes
mains.

Quelques rares survivants commençèrent à répandre des
rumeurs. Une armée de l'ombre, invincible, cruelle, détruisant tout sur
son passage, menée par un démon aux cheveux blancs. Evidamment, on les
prit pour des fous. Mais lorsque les sources se multiplièrent, et qu'on
retrouvait les ruines des villages calcinés, les différents seigneurs
commençèrent à y croire. Mais ne voulant pas l'admettre, ils ne firent
rien pour stopper mon avancée sanglante. Je laissais derrière moi un
sillage de mort et de larmes.

Ce n'est que lorsque j'arrivais
devant le fief de l'un de ses seigneurs, que la rumeur devint terreur.
Mon armée de morts, toujours plus puissante, se rassembla sous les murs
du castel. Les défenseurs se défendirent vaillament, la peur leur
donnant des ailes. Mais rien n'y fit, la place forte tomba, et je la
rasais pierre par pierre avant de reprendre ma route, pavée de
souffrance. Devant le chûte de leur rival, les autres seigneurs de
guerre prirent les armes et réunirent des armées pour tenter de se
protéger. Un autre seigneur tomba, et les autres se convainquirent de
surpasser leurs différents. Pour la première fois depuis la chûte de
l'Empire, les hommes s'unirent. Ils joignirent leurs armées et se
mirent en garnison dans la place forte vers laquelle je me dirigeais.
Contrairement à mes habitudes, je ralentis le rythme de marche,
laissant à mes adversaires le temps de se préparer convenablement. La
défaite n'en serait que plus cuisante.



J'arrivais
enfin devant les murs de l'arrogante forteresse nommée Dross Delnoch.
C'était celle du plus puissant des seigneurs, et donc la plus fortement
armée. Plusieurs murs d'enceinte, ponctués de fortes tours, défendaient
la cité devenue une gigantesque caserne. Les défenseurs m'attendaient
de pied ferme, sûrs de leur victoire, possédant la plus grande armée
qu'ils aient vu. Mais quelle que soit leur force, ils ne pouvaient rien
faire contre ma magie destructrice et les morts qui me suivaient. Les
murs volèrent en morceau, les tours s'effondrèrent, les hommes
moururent. Mes troupes franchirent sans difficulté les fortifications
réputées imprenables, massacrant toute forme de vie. Le sol prit une
couleur rouge qui, plus tard, donna à ce territoire la réputation d'une
terre maudite. Et la cité tomba, enterrant sous ses ruines tous les
seigneurs de guerre. Les témoins de la bataille s'empressèrent de
rapporter les faits. Ma légende grandissait. On me donnait des noms,
tous plus effrayant les uns que les autres. Mais un revenait souvent :
j'étais devenu le Nécromancien, l'incarnation du Fléau.

Les armées humaines étaient détruites, leurs forteresses en ruines. Il était temps de passer aux autres peuples...

Arthas

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Re: Arthas

Message par Arthas le Sam 13 Sep - 16:28

[b]Chapitre XI : Le Retour de l'Empereur

Mais
avant de poursuivre mon oeuvre de destruction, j'avais quelque chose à
régler. A certifier, aux yeux du peuple des humains. J'avais une
légende à construire, en réunissant deux épopées...
Voulant me
déplacer plus discrètement, je laissais mes morts camper dans une
vallée désertique, où nul ne viendrait les chercher. Et si cela
arrivait, il ne repartirait pas...

Je me mit en marche vers la
capitale, le joyau de l'ancien Empire, la ville qui abritait le trône
du seigneur maudit. D'un sort de camouflage, je me construis une
apparence plus commune, semblable aux milliers de pillards qui
écumaient les ruines de mon fief. Je m'arrêtais dans quelques tavernes,
plus pour écouter les rumeurs que pour m'y reposer. Ma présence
semblait déranger les rares qui avaient le don de magie en eux, et ils
ne tardaient pas à quitter la salle, se sentant en danger. Les autres
ressentaient eux aussi un vague malaise, mais avec moins d'intensité.
J'appris donc que personne ne comprennait vraiment qui était le
seigneur des morts, ce qu'il venait faire, et quel était la suite de
ses plans. Les bruits les plus fous couraient sur son identité. On
parlait de Thanatos en personne, on évoquait les légendes des temps
anciens. Certains même pensaient au retour du Prince Noir, mais ils
étaient peu écouté. J'étais trop récent, trop vivace dans leur mémoire.
Je n'étais tombé que depuis quelques années. C'est tellement plus
excitant de penser à des vieux démons, plutôt qu'a un Empereur qu'ils
avaient connu, craint et respecté.

Quelque peu déçu, je repris
mon chemin vers la capitale. Arrivant à ses portes, je repris mon
apparence normale. Les gardes des portes, n'en croyant pas leurs yeux,
n'eurent aucun mouvement lorsque je franchis le mur d'enceinte, sinon
me suivre des yeux, bouche bée. Enfin des réactions intéréssantes. Je
n'étais donc malgré tout pas sorti des mémoires...

D'un pas
lent, mais cependant déterminé, je marchais dans les rues de la ville,
vers le palais qui se trouvait en son centre. J'observais les passants,
qui tous se retournaient sur mon passage, croyant voir un fantôme. Ce
qui était en fait le cas. La rumeur se répandit comme un traînée de
poudre. J'étais dans mes murs. Bientôt, des dizaines, puis des
centaines de citadins me suivaient, d'abord craintivement. Ils
voulaient savoir si j'étais vraiment celui qui avait marqué leur vie et
leur pays. J'arrivais enfin devant les portes du palais, et seuls les
plus hardis me suivirent jusqu'a la salle du trône. Un silence de mort
régnait alors que j'approchais du trône, d'un pas lent, assuré,
mesurant toute l'intensité dramatique de la situation. Les habitants du
palais, les nobles qui n'aimaient pas la guerre et aaient donc évité la
mort, se réunirent derrière moi alors que je faisais face au trône
maudit. Le trône symbole d'un Empire qui dominait le monde... Un trône
maudit, siège d'un seigneur maudit régnant sur un pays maudit.

Allez,
cessons de les faire attendre. Après être resté plusieurs minutes
immobiles, contemplant le massif objet, je me retournais vers les
nobles, et, les regardant tour à tour, je m'assis sur le trône.
Rien
ne se passa, si ce n'est qu'un léger éclair rouge parcouru le siège,
manifestation de la malédiction qui était toujours active mais que
seule ma présence n'activais pas. Tous me fixaient d'un air médusé,
blancs comme neige, les yeux exorbités, muets. Personne ne croyait à
mon retour. Personne ne voulait y croire.



Et
pourtant... J'étais bel et bien de retour sur ce trône, les observant
d'un air malicieux. Certains s'empressèrent de sortir, et ils furent
accueillis par la foule qui se pressait au dehors, voulant savoir eux
aussi. Et ils ne furent pas déçus. Bientôt, toute la ville attendait à
mes portes, attendant que j'apparaisse pour confirmer à ceux qui ne
m'avaient pas vu qui j'étais réellement. Mais avant, je regardait les
nobles, qui, l'un après l'autre, vinrent se prosterner devant leur
seigneur maudit. On a toujours peur de l'inconnu... Et ils ne faisaient
pas exception à la règle. Ils mourraient de peur, ne sachant pas de
quels pouvoirs je pouvait être doté. Ils les sentaient inconsciemment,
et mon apparence même, encore moins humaine que de mon vivant,
provoquait la terreur dans le coeur des hommes. Lorsque chacun eu fait
sa courbette rituelle, je les renvoyait d'un geste de la main. Ils ne
demandèrent pas leur reste et disparurent aussi vite que des fantômes.
Je lachais un soupir. Il était temps de me présenter à mon peuple.

Je
me levais, puis m'approchais du balcon qui servait d'habitude aux
discours royaux, et qui donnait directement sur la grande place.
Aujourd'hui, elle était bondée, comme jamais je ne l'avais vu au cours
de ma vie. Le silence se fit immédiatemment à mon apparition. Le soleil
se couchait, baignant toute la ville d'une lumière rouge, se reflètant
sur les toits de tuile, encore humides d'une averse. Le balcon dominait
tout, et je pouvais embrasser toute la cité du regard. Le paysage était
magnifique, rouge sang, d'une beauté sombre.

Brusquement, je
levais mon épée en signe de défi. Un léger vent fit voler mes cheveux
longs comme une bannière, et toute la foule hurla, à en faire trembler
les remparts de la ville. Du brouhaha incroyable fini pa naître un nom,
clamé à l'unisson par la cité entière. Thanos... Mon nom. Un nom qui
signifiait pour eux le retour de la prospérité, le retour d'une ère de
richesses.

Mais le destin, encore une fois, en decida autrement...


Chapitre XII : Malédiction

La
nuit vint, étendant son voile étoilé sur la ville. Celle-ci répondit en
allumant ses étoiles à elles, multitudes de flambeaux éclairant les
rues, flammes de vies, de l'espoir retrouvé après les temps sombres des
chiens de guerre... Du balcon de la chambre royale, j'observais la
gigantesque créature qu'était la capitale, la regardant tendrement
s'endormir doucement, ses étoiles s'éteignant une à une, au fur et à
mesure que le sommeil s'emparait des âmes. Je n'avais pas besoin de
sommeil. Mon organisme était passé à un stade plus évolué, plus parfait
que le corps humain. La nuit s'étirait, tous étaient plongés dans un
profond sommeil...

Tous sauf un, qui tentait de s'introduire
dans ma chambre, dans un but que je ne devinais que trop. Ainsi ils
avaient osé... Quel futilité. Je reculais dans un coin sombre de la
chambre, devenant quasimment invisible dans la pénombre. L'homme
s'approchais adroitement, silencieusement, un véritable fantôme. La
lune accrochait des reflets à la lame courte qu'il portait dans son
poing droit. Un tueur profesionnel, qui devait faire payer ses services
très cher. J'admirais la grâce féline avec laquelle il se déplacait, ne
commettant aucun faux pas, s'approchant lentement mais impitoyablement
du lit qui devait bientôt accueillir mon cadavre.

Il fini par
s'apercevoir que la couche était vide. Il s'immobilisa, l'oreille
tendue, essayant de détecter une autre présence dans la chambre,
conscient que sa vie ne tenait qu'a un fil. Mais c'était trop tard. Son
sort était déja décidé. D'une vitesse surnaturelle, je refermais mon
poing sur son cou, pas suffisamment fort pour lui briser les vertèbres,
mais suffisamment pour l'empecher de respirer. Il se débatti avec
l'énergie du désespoir, mais le manque d'air fini par l'immobiliser. Il
n'était pas encore mort... Je le saisi dans mes bras, comme un enfant
culpabilisant d'avoir commi une faute. Il respirait faiblement, dans un
état proche du coma. Je parcourais son visage, devinant à l'odeur son
origine, un léger parfum de la femme qu'il s'était offerte pour sa
dernière nuit.

Quelque chose s'éveilla en moi. Une faim
subite, une pulsion irresistible. Je mordis profondémment, laissant mes
canines déchirer la chair de son coup, découvrant la carotide d'ou le
sang s'éachappait par long jets, que je reccueilli dans ma bouche. Je
buvais la vie qui s'échappait de ce corps, comme à une fontaine de
jouvence. Puis le flot se tari, et il mourrut dans mes bras, coquille
vide ne contenant plus ni sang ni âme. Je laissais le corps choir sur
le sol, tandis que je sentais le sang se difuser dans mon organisme,
feu brûlant qui explorait chaque veine, chaque muscle, mais qui était
attiré par quelque chose dans mon torse qui n'étais pas mon coeur.

L'origine
de la pulsion... Le démon de la Dague. Cette soif de sang... c'était
lui, l'ombre qui jusqu'a présent sommeillait sagement, attendant son
heure. Et il sentait qu'elle était venue. Et moi je sentais sa soif, sa
rage, sa volonté de puissance qui me déchirait, cette ombre qui
s'accrochais à mon âme, l'accrochant de ses griffes ténèbreuses,
voulant me l'arracher, me contrôler... A mon tour, je m'effondrais,
essayant d'endiguer le flot de pulsions, de rage qui montait en moi,
insufflé par le démon qui me possédait. La douleur me rendait fou...
J'hurlais.

La douleur cessa. Hébété, je mit un certain temps à
reprendre mes esprits. Comment supporter cela... Je n'en avais aucune
idée. Laissant le corps pourir ici, je me rendis à la bibliothèque, à
cette heure complètement vide. Je cherchais l'origine de ce démon. Il
était trop puissant pour avoir été contrôlé par cette damnée sorcière.
Elle devait tenir l'objet d'un magicien très puissant, un sorcier noir
qui devait fatalement avoir laissé une trace dans l'histoire. Epluchant
les anciens tomes noirs, je finis par trouver. Moëbus... Mage des temps
chaotiques, le plus grand de tout les mages noirs, avait créé des armes
maléfiques, dans lesquels il avait enfermé des démons... Chacune avait
sa propriété. Et si j'en croyais les chroniques, il avait atteint le
sommet de son art en créant une épée capable de boire les âmes...
Frostmourne... Je devais donc sans tarder partir sur ses traces. Cela
n'allait pas être simple, étant donné l'ancienneté des faits. Mais je
sentais le démon dormir en moi, rêver, s'agiter parfois. Je devais
trouver une solution, sinon j'allais devenir fou de douleur à son
réveil.



Ainsi,
le matin me trouva au portes de la ville, de laquelle je sorti
incognito. Je laissais les hommes se débrouiller. J'avais montré que
j'étais toujours là, quelque part, à roder... Cela empècherais les
chiens de guerre de renaître. Du moins pendant un certain temps.
Beaucoup de questions se poseraient sur ma disparition, et sur le
cadavre que j'avais laissé derrière moi. J'avais réveillé le démon en
moi, et ma légende continuait de grandir, en même temps que lui...
[/b]

Arthas

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Re: Arthas

Message par Arthas le Sam 13 Sep - 16:29

[b]Chapitre XIII : Autre chose que la Mort

Que
faire à présent ? Où chercher un mage noir dont l'histoire s'était
déroulée il y a 700 ans ? Tout en me posant ces questions, je marchais
dans la campagne. La nouvelle de mon retour avait calmé les conflits,
et assagi les pillards qui craignaient le retour de la Police
Impériale. Le pays était calme, et je m'enfonçais dans la forêt de loin
de tout humain, je sentais le démon s'endormir, de plus en plus
profondémment... J'avais donc un peu de temps devant moi. Pour une
fois, je pus apprécier la nature. La douleur que j'avais senti, il y a
peu, formait un contraste saisissant avec la paix de ces contrées, ces
forêts où régnaient les forces de la nature, et dans lesquelles je
pénétrais. Je n'entendais plus le fracas des armes, ni les cris des
blessés. L'odeur du sang ne flottait pas entre ces arbres. Etrange ...
mais si apaisant. Je m'enfonce au coeur de ce monde nouveau pour moi,
un monde que la main de l'homme n'a pas encore perverti.

Fermant
les yeux, laissant tout mes autres sens s'ouvrir, je laissais la forêt
m'envahir. Je pouvais entendre tout les sons de ce monde paisible mais
fourmillant de vie. Chaque mouvement, du cliquetis de la fourmi dans
l'arbre voisin, au pas feutré du loup à la recherche d'une proie,
percevant une curieuse odeur. Je le laisse s'approcher. Il est curieux.
Bien que vieux, il n'a jamais vu les hommes, et n'a donc pas de raison
de les craindre... Il est là, juché sur une souche, m'observant de ses
yeux que je devine couleur d'ambre. Je renifle son odeur musquée, je
n'ai toujours pas ouvert les paupières. Il bouge, s'approche encore,
jusqu'a me frôler. Je sens sa fourure chaude passer sous ma main, je
sens chacun de ses poils carresser le bout de mes doigts. Il se demande
ce que je suis. Je me le demande moi même...

Il fini par
partir, allant apaiser sa fin avec le lapin que je sens bouger dans son
terrier non loin. Je chancèle. Aucune créature avant lui n'avait osé
m'approcher ainsi, m'offrir une caresse même infime sans y être obligé.
Je pose la main contre un arbre. Je sens la douceur de la mousse,
recouvrant l'écorce rèche. Un insecte passe sur ma peau, je sens le
contact de sa carapace que je pourrais briser d'un geste. Mais je ne
bouge pas, et je sens les vibrations de l'écureuil qui gambade dans les
branches, lui aussi attiré par mon inhabituelle présence. Ses yeux
noirs me fixent, ses moustaches frémissent. Il sent l'odeur du loup, le
prédateur, et s'enfuit, courant de branche en branche. Elles sont
sèches, cassantes, en ce début d'hiver. Le froid se fait plus intense.
Queulque chose de léger et de froid se dépose sur ma joue. Un flocon.
Il commence à neiger. La douceur de leur chûte contraste avec la
violence de la pluie et de l'orage. Je sens la sève courir dans le
tronc, ralentie par l'hiver, restant à l'écard de l'écorce gelée. Je
sens la vie qui coule dans le bois... Je me concentre... Ecoute... Une
profonde pulsation, immense, un gigantesque coeur qui bat pour toutes
les forêts de cette terre. Je sens la force de l'Arbre-Monde... J'entre
en contact avec lui... Et je sens une violente douleur dans la main. Je
la retire brusquement, elle est intacte. Que faire, si même Lui ne veut
pas de moi...

Je reprends ma marche solitaire, chaque pas
rendu difficile par la couche de neige qui s'épaissi de minute en
minute. Comme si on voulait me retenir ici. Mais ne le voudrais-je pas
moi même ? Connaître la paix, pour l'éternité, faire enfin partie d'un
monde différent, sans guerres, ni carnages. Mais ce monde ne veut pas
de moi. Un profond sentiment de perte s'empare de moi. Mes larmes
gèlent sur mes joues. Je marche, un pied après l'autre, et la forêt
semble se fermer derrière moi alors que je me rapproche de la lisière.
J'y laisse à n'en pas douter une partie de mon âme. Comment continuer à
vivre...

La colère prend le pas sur la tristesse. La rage
monte, flot grondant. Et le démon se réveille, réclamant du sang, de la
destruction. J'atteinds enfin la lisière, et je débouche sur la plaine
enneigée, vide, comme vierge de toute créature vivante. Encore une
fois, je suis seul. Le démon, déçu, se rendort. Mais son sommeil est
léger... Je m'agenouille sur la couverture immaculée, soulagée. La
lassitude s'empare de moi. L'Ombre à l'intérieur de moi boit mon
énergie. Je m'effondre, pris d'une immense fatigue...


Chapitre XIV : Voleurs

Je
reviens doucement à moi. Le froid... Une fois de plus, je suis
recouvert de neige. Quel silence... Mais il est temps de sortir de ma
chrysalide, et de revenir au monde. Péniblement, je brise la gangue de
glace, et observe mon environnement qui n'a guère changé. La neige
recouvre encore le paysage, et mes traces ne sont plus visibles.
Combien de temps suis-je resté ici ? Aucun moyen de le savoir. Mais il
est temps de reprendre mon voyage. La première chose à faire est de
retourner sur les lieux. Les ruines du château de la sorcière, le
tombeau de mon ancêtre... Là ou se trouve peut-être encore la dague.

Ma
marche reprends, inlassable, infatiguable. Je me remémore la marche
conquérante, tous les hommes m'accompagnant pour mourir au pays des
nains. L'espace d'un instant, j'ai le sentiment que ma quête va durer
des siècles, et que je vais marcher indéfinniment à la recherche d'une
chimère. Je chasse cette image décourageante, et me demande quelle
attitude adopter face aux villages que je vais inévitablement
rencontrer le long de ma route. Les montagnes sont encore loinaines...

Justement,
j'aperçois de la fumée au loin. Je me dirige dans cette direction. Je
tente le diable, mais que faire d'autre... J'entre dans le village, les
enfants jouent autour de moi, se poursuivent à travers les rues, les
mères se tenant prêtes à les appeller au moindre geste menaçant de ma
part. Mais je n'en fais aucun. Pour eux, je ne suis qu'un aventurier,
un autre de ces hommes sans famille ni foyer qui parcourent le monde à
la recherche de défi. Mais après tout, n'en suis-je pas un ? Comme
n'importe quel étranger, j'accompli le rituel : je me rends à la
taverne.

J'ouvre la porte, et l'odeur âcre de l'alcool et de
la sueur se fait sentir avec l'intensité d'un coup de poing.
Immédiatement, des voix enrhumées m'hurlent de fermer la porte, ce que
je fais sans tarder. Mon entrée ne soulève pas d'autre émotion, la
salle étant bondée en ce jour glacial. La neige recouvre les champs, et
les paysans boivent tout l'argent gagné aux moissons, désoeuvrés. Je
demande un verre de vin, que l'on me sert sur dans un choppe de terre,
sur un comptoir à l'aspect douteux. J'avise une table dans un coin
sombre et m'y installe, seul, écoutant à mon habitude les diverses
conversations, m'intégrant au décor.

Rien de vraiment
intéréssant ne se dit par ici. On parle de l'enfant que viens d'avoir
la fille du meunier, on évoque les recettes de la saison dernière,
chacun raconte comment il résiste au froid à grand renfort d'alcool. Je
goûte au vin que l'on m'a servi, et confirme mon intuition : il ne
s'agit que d'une infâme piquette. Tandis que la neige fond de mon
armure, j'intercepte le regard de trois paysans qui m'observent sans en
avoir l'air. Ils regardent avec envie ma bourse rebondie, ainsi que mon
armure qui doit de toute évidence valoir un prix incroyable. Mon épée
ne les rassure pas, mais à trois ils pensent m'avoir facilement.
Frostmourne sent l'odeur du combat, et commence à murmurer,
communiquant à mon âme sa soif de sang.

Je sors, il fait nuit
à présent. Je me dirige vers la sortie nord du bourg, ma silhouette
s'enfonçant dans la nuit, mais mes traces sont encore visibles pour les
trois compères, qui, à leur tour, sortent de la taverne. Je marche
lentement, et eux accélèrent malgré l'épaisse couche de neige. Ils me
rattrapent et ne s'embarassent pas de présentations. Comme les brutes
qu'ils sont, ils m'attaquent ensemble à l'aide de matraques et massues.
Frostmourne chante et du rouge tache l'immaculée couverture. Quelle
tristesse d'être obligé d'en arriver là... Les trois bandits se vident
de leur sang dans un fossé, et déjà j'entends les loups qui hurlent,
affamés, reniflant eux aussi l'odeur du sang. Malheuresement, ils ne
sont pas les seuls et je commence à sentir le Démon se réveiller. Je
m'éloigne de la scène macabre, marchant en direction du Nord, esperant
rendormir le parasite. Il se calme. La scène était trop rapide, mais la
douleur se fait déjà même sentir dans ma poitrine. Alors je marche, et
évite désormais la compagnie des hommes.

Je retrouve sans
peine le chemin à travers la montagne, et arrive sur les ruines du
château, recouvertes de neige. Curieusement, j'ai l'impression que
quelque chose a changé. Non seulement le temps à agit, mais il règne
ici un chaos dont il ne peut être l'origine. Après une rapide
investigation, je trouve un cratère, creusé par d'énormes griffes. Les
murs autour sont carbonisés, la pierre noircie et fendue par une
chaleur infernale. Je me concentre et essaye de ressentir le pouvoir de
la Dague qui est le receptacle du Démon. Rien ici... Je comprends la
scène. Un dragon a du sentir son pouvoir, et, ce genre de créature
adorant les objets précieux, s'en est emparé. Les Dragons... Pourquoi
n'y ais-je pas pensé avant ? Ce sont les plus vieilles créatures au
monde. Ils sont immortels, infiniment puissants, et extrèmement
intelligents. De plus, ils adorent la magie sous toutes ses formes.
L'un d'eux doit forcémment avoir connu Moëbus...
[/b]

Arthas

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Re: Arthas

Message par Arthas le Sam 13 Sep - 16:29

[b]Chapitre XV : Ascension

Je
ferme les yeux quelques instants. Les Dragons ont beau être énormes et
très puissants, ils sont la proie favorites des chasseurs de trésors.
Ceux-ci ont développés des techniques très efficaces pour surprendre et
abattre les Dragons, qui sont non seulement gardiens de trésors
incroyables mais aussi sources de nombreux produits rares et précieux :
dents, peau, yeux de dragons se vendent très cher. De par cette chasse,
les Dragons se rarérifient, se cachent, et ne restent que les plus
vieux, les plus dangereux... Et c'est le plus vieux qu'il me faut
trouver. Lui saura certainement me renseigner... Si son souffle ne me
réduit pas à un tas de cendres. Je n'ai aucun moyen de le trouver par
des moyens physiques. Il va faloir, pour cela, utiliser l'esprit.

Je
parcours les ruines du regard, et avise une tour qui semble encore
assez solide. Je grimpe jusqu'au sommet, me retrouvant à la merci des
vents glacés des montagnes. Qu'importe, ce n'est pas un courant d'air
qui m'arrettera. Dans cette quête, je crains bien plus qu'un rhume. Je
m'assoit, et ferme les yeux, libérant mon esprit de ses attaches
corporelles. Un à un, mes sens s'évanouissent, alors qu'une autre
perception, magique, prend le dessus. Je sens les courant de mana qui
parcourent ce monde. Je ne sens plus la morsure du froid. Je ne vois
que ces fleuves d'énergies, de véritables rivières d'étoiles qui
traversent ciel, terres, montagnes, plaines, océans, villes et
murailles... Mon esprit s'élève. Encore une fois, je suis seul, seul
dans une immensité vide de tout être vivant. Les étoiles m'entourent,
leur mouvement me carresse, je ne sens plus la coupure du vent mais la
caresse des énergies magiques. Je m'élève, à travers les nuages,
toujours plus haut, j'ai l'impression de retrouver les portes du
Paradis. Je me laisse aller à la caresse de l'énergie pure, qui entre
en résonnance avec mon âme. Je sens le flot entrer en moi, la puissance
rugir dans mon âme.

Je fais corps avec les énergies. Je suis
omniscient, incroyablement receptif, et pourtant tellement seul... Il
est temps de trouver ce Dragon. Ils aiment les noeuds d'énergie, là où
les courants se croisent, les sources de puissance. Je suis le flot et
parvient à l'un de ces noeuds. Au coeur de la montagne, dans une
immense caverne dont la seule entrée est une faille béante inaccessible
sinon par les airs. Un immense Dragon, le plus grand, le plus puissant,
le plus riche. Je ne le vois pas, mais je sens son énergie, son âme
incroyablement vieille et forte. Un gigantesque brasier de force,
détonnant au milieu de ce monde couvert des petites flammes d'êtres
insignifiants.

Je chûte, me laisse aller, et regagne mon
corps. J'ai perdu la notion du temps, je peine à ouvrir mes paupières
gelées. Une couche de givre a recouvert mon corps entier. Un cocon de
glace, qui me rend insensible à tout autre chose que le froid de la
mort. Je me lève, brisant la coquille qui retombe en fragments sur le
sol recouvert de neige. J'admire le paysage. Une infinité blanche qui
recouvre les monts avoisinants, les ruines à mes pieds quir essemblent
à la carcasse d'un géant mort... M'arrachant à la contemplation, je
descend de mon perchoir pour me remettre en route. J'ai du chemin à
faire...

L'épisode du village m'incite à me tenir à l'écard
des habitations, et des groupes de pillards qui se rassemblent en
hiver. Alors je marche, seul, encore... Une profonde lassitude me
tenaille. La solitude devient une amie, quand on grandit avec elle.
Mais sentir la chaleur des foyers, entendre les rires des enfants, me
rend étrangement triste. Je ne veux pas m'en approcher. J'ai peur du
démon. J'ai peur de moi-même.
Et je continue à marcher dans la
neige, à travers les montagnes, suivant les rivières gelées, à travers
le froid mordant de cet hiver qui semble éternel. Le vent s'engouffre
dans les vallées, faisant voler la poudre blanche, brouillant ma vue,
effacant mes traces, m'isolant totalement dans une tornade blanche.
Mais je n'ai pas le choix. Je continue, guidé par mes souvenirs, guidé
par la force incroyable de la créature que je commence, peu à peu, à
sentir.

Enfin, j'arrive à la vallée qui est ma destination.
Levant la tête, j'aperçois l'entrée de la grotte, à plusieurs dizaines
de mètres du sol, déchirure horizontale sur cette immense falaise aux
sommet déchiqueté. Mes pouvoirs ne me permettent pas de grimper
la-haut. Je peux détruire, mais pour ce qui est de construire, je suis
beaucoup moins entraîné. Il va me faloir grimper... Je vérifie les
attaches de mon équipement. Pas question d'abandonner la moindre pièce
d'armure, et encore moins Frostmourne. Peut-être ne aurais-je besoin
contre le dragon. Je frisonne à cette pensée, je sens d'ici la
pulsation sourde de son aura.

J'entame l'escalade perilleuse.
Je m'accroche de toutes mes forces à la paroi gelée, progressant petit
à petit sur ce mur gigantesque. Il ressemble plus au flan d'un glacier
qu'a celui d'une montagne. Mes doigts gèlent litteralement, alors que
ma peau se déchire sur les la roche cruelle. Le vent hurlant dans la
vallée manque de me faire tomber plusieurs fois. Une chute à cette
hauteur, malgrès ma force, me mettrait bien à mal. Difficile de faire
de la magie avec tout les membres broyés. Je ne peut plus reculer, je
n'ai plus le choix. Alors je monte, encore, sur cette falaise qui
paraît ne pas avoir de fin. Mais la roche est traître, et un prise se
dérobe sous mes doigts, et déséquilibré, je ne peux m'empecher, cette
fois, de chûter. Le vent siffle à mes oreilles à une vitesse folle. Il
faut réagir, vite. Je dégaine Frostmourne, et, avec un hurlement de
colère, transperce la falaise. Je m'accroche désespéremment à la
poignée, et fini par retrouver des un appui stable. Je range mon arme,
et reprend ma montée, la rage au ventre. Il faut que j'arrive la-haut.
Le démon ne se manifeste pas, il sait que la moindre erreur peut m'être
fatale. L'ascension continue, solitaire, mortellement dangereuse.

Je
fini par poser la main sur un rebord plat, et je m'y hisse tout entier.
Enfin, j'ai atteint mon but. L'espace d'un instant, je reste couché,
abasourdi par l'absence de vent, et la chaleur qui règne ici.
Brusquement, réalisant le danger, je me relève, et observe l'intérieur
de la caverne. Ce n'est que l'entrée, sombre et brûlante comme la
bouche d'un monstre. Elle est immense, profondémment creusée dans la
montagne.
Je prend Frostmourne dans la main droite, et créé un
brasier dans la gauche, flambeau magique pour guider mes pas. Résigné,
je m'enfonce dans les ténêbres.
[/b]

Arthas

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Re: Arthas

Message par Arthas le Sam 13 Sep - 16:29

[b]Chapitre XVI : Face à Face

Le
terrain est accidenté, la marche dangereuse. Les affleurement rocheux
sont coupants comme des rasoirs, et la température même de la roche
commence à monter. J'enregistre ces informations sans quitter mon
objectif des yeux. Les ténêbres insondables d'où peuvent surgir à tout
moment les flammes de l'enfer. La chaleur devient etouffante. J'éteinds
mon flambeau magique, me guidant à la lumière que je commence à voir
poindre au bout du tunnel. Je marche lentement, avec précaution, le
plus silencieusement possible.

J'arrive enfin dans une salle
immense brillant de milles feux. Aux murs, des flambeaux éternels,
alimentés par la magie du dragon. Leur flamme et leur chaleur se
réverbère dans des millions de pièces d'or éparpillées sur le sol. Les
stalagmites son formés de monceaux d'or et de pierres précieuses. A
perte de vue, la caverne se prolonge, remplie de merveilles, richesses
amassées durant des millenaires. Suffisament d'or pour nourrir un
Empire pendant des siècles. Mais je ne suis pas la pour ça. Je cherche
du regard la créature qui veille sur le trésor. Le souffle chaud de la
bête me caresse l'échine. Je sens jusque dans mes os les pulsations
gigantesques qui l'animent.

J'avance, mon regard se perdant
dans les milliers de miroirs dorés qui m'entourent. Mes sens sont
faussés. Peut-être le dragon sera-t-il assez curieux pour me laisser en
vie le temps nécessaire pour que je lui expose mon problème. Peut-être
même dort-il. Une pièce glisse, ricoche dans un vacarme infernal. Je me
transforme en statue, mais c'est inutile. Il sait que je suis là. Sa
voix, incroyablement profonde, résonnant de puissance pure, retentit
dans la caverne. Précédée, comme il se doit, d'un jet de flamme
suffisament imposant pour carboniser une armée entière. Je parvins à
m'abriter, juste à temps, derrière un tas d'or. Je lui parle, lui fait
comprendre que je ne suis pas un chasseur. Un chasseur ordinaire
n'aurait, de toute façon, pas franchi l'épreuve de la falaise. Il me
laisse approcher. Ce qui n'est pas sécurisant pour moi, car je suis à
présent à portée de ses crocs. Je le vois, enfin. Rouge comme le sang,
jûché tel un seigneur sur un tas d'or aussi gros qu'un palais, il est
véritablement le roi des dragon. Sa taille elle même est incroyable.
J'ai du mal à imaginer comment des mortels peuvent même concevoir
l'idée de chasser ce genre de créature. Sa puissance est presque
palpable.

Il me laisse parler. Il a l'éternité devant lui. Je
lui explique mon problème, ce que je cherche. Il hésite à me répondre,
se dit qu'il pourrait m'utiliser avant de me donner le renseignement.
Conscient de jouer avec la mort, je lui explique que si je ne récupère
pas rapidement la dague, je ne serais plus maître de moi-même. Il me
comprends, et m'indique où trouver le dragon que je cherche. Le seul à
fouiller encore dans les montagnes. Le seul qui, au mépris des
chasseurs, vole encore à basse altitude. De Moëbus, nulle chance de
trouver la moindre trace. Satisfait d'avoir eu mon renseignement, je me
prépare à partir. Du regard, j'embrasse une dernière fois la caverne
aux merveilles. N'y pense même pas. Je sors, tandis que la chaleur du
dragon me quitte, peu à peu, et que je retrouve la lumière du jour. Je
me retrouve au bord du gouffre, balotté par les vents des montagnes.
Problème épineux : comment descendre ?

Une secousse. Le dragon
s'agite, me déséquilibre, et je ne peux éviter la chute. Le vent siffle
à mes oreilles, de plus en plus fort, alors que le sol se rapproche à
une vitesse vertigineuse. Aucun moyen de ralentir ma chute. Ne reste
plus qu'a amortir mon aterrissage. Me concentrant pour tenter de
maîtriser cet élément que je n'ai pas l'habitude de manier, j'invoque
la neige. Beaucoup, de neige. Le sol rocheux, sous moi, se couvre d'un
matelas blanc, prêt à me recevoir. Juste à temps, je percute le sol.
Légèrement sonné par le choc mais toujours en un seul morceau, je
m'extrais du trou percé par mon corps dans la couche neigeuse. Tout en
réfléchissant, je retire les flocons égarés sur mon armure. Vers
l'ouest. Le Dragon m'a dit d'aller vers l'ouest. Pesamment, je me met
en marche vers le soleil couchant.

Les jours sont courts dans
ce pays reculé. Les astres se cachent en permanence derrière une
épaisse couche nuageuse, qui donne souvent naissance à des pluies
diluviennes. Je ne crains pas l'eau. Mon armure, enchantée, non plus.
Alors j'avance, véritable zombie à la volontée fixée sur un seul
objectif. Je monte les plus hauts cols, traverse les plus profondes
forêts. Sans rencontrer d'hommes. Heuresement, cette région est
tellement reculée qu'elle est préservée, pour l'instant, de leur folie.
Le démon, privé de proies, dort.

Ce dragon est plus facile à
approcher que l'autre. Je reconnais les marques de griffes à l'entrée
de sa caverne, qui n'est pas, cette fois, au sommet d'une falaise.
J'entre, prudamment, mais sans sentir la pulsation sourde qui émanait
du grand dragon. A vrai dire, je ne sens même rien. Ruse ? Ou serait-il
absent ? Je parviens à la salle principale. Au sol, quelques pièces et
objets sans valeur abandonnés. Au centre, entourés des marques d'un
combat sauvage, le cadavre du Dragon, privé de ses yeux et de quelques
autres organes au vertus magiques. Des pilleurs sont passés avant
moi... Le sang s'est echappé de l'immense carcasse, formant une énorme
tache sombre sous le cadavre qui me fixe de ses orbites vides. Un
certain nombre de dents avaient elles aussi disparu, tranformant la
majestueuse créature en un vieillard grotesque. Une douleur maintenant
familière monte dans mon ventre. Le démon renifle l'odeur de la mort.
Je tombe à genoux, luttant pour garder le contrôle de mon propre corps.
Je sens des pulsions qui ne sont pas les miennes. Mordre, tuer,
dévorer, déchiqueter. La douleur s'intensifie, au point de me faire
hurler, tandis que le démon me fait sentir sa rage sourde. Ma main
plonge, agrippant l'un des rats qui commençait à dévorer la carcasse.
Ma bouche s'ouvre, dans l'intention évidente de déchiqueter le rongeur.
Non ! Je lutte contre mon bras, l'éloigne de mon visage, mais le rat
fini broyé entre mes doigts rebelles. Le démon se rendort, satisfait
dans sa colère. De rage, je jette ce qu'il reste du corps du rat. Sa
dépouille pourira avec celle du Dragon.

Les chasseurs ont pris
tout ce qui avait la moindre valeur. Y comprit la dague. Le désespoir
lance mon poing à une vitesse folle contre une paroi. La rage me tire
des larmes. Quand cela finira-t-il ? Quand serais-je libéré de cette
malédiction ? Le démon s'agite, me tue de l'intérieur, dévore mes
chairs, lacère mon âme. A chaque fois, le démon devient plus difficile
à maîtrisier. Si je ne me libère pas vite... Viendra le temps où je ne
pourrais plus du tout l'endiguer. Non, je ne préfère pas imaginer ce
qu'il se passerait.



Chapitre XVII : Possession

Je
reprend mes esprits, doucement. La rage me quitte, et la colère froide,
maléfique, m'envahi. J'extrait mon poing de la paroi. Les éclats de
roches m'arrachent la peau, quelques bouts de chair. Je ne sens rien.
Je regarde ma peau en lambeau. Aucune douleur. Pas de sang. Des chairs
mortes... Normal. Thanatos m'a renvoyé parmi les vivants, mais il ne
m'a pas pour autant redonné la vie. Il n'a fait que rattacher mon âme à
mon corps. En un éclair, je réalise ce qui m'attends. Une
décomposition, lente et complète, de la moindre parcelle de mon être.
Pour finir à l'état de squelette qui ne tiendra plus debout que par la
force de ma volonté. Bientôt, je ne pourrais plus montrer mon visage.
Les morts ne sont pas très appréciés en ce monde. Alors, il me faut me
hâter. Avant de tomber en morceaux, retrouver cette dague, pendant que
je peux encore passer pour un humain. Je ramasse quelques pièces d'or
par terre. Les hommes garderont toujours le goût de l'or. Autant s'en
servir. Je me dirige vers la sortie.

A l'air libre, je
réfléchi. Quelle est la ville la plus proche de cette montagne perdue ?
Une ville où les chasseurs auraient pu dilapider leur butin, buvant,
forniquant dans des bouges insalubres. Le lot des malfrats de ce monde,
toutes races confondues. Des cartes me reviennent en mémoire... Icarie.
Ville aussi noire que le café pour laquelle elle est réputée. J'essaye
de ne pas penser à la réaction du démon au milieu de tant de créatures
vivantes. Il vaut mieux pour moi que je réussisse à garder le contrôle,
le temps de retrouver ces pilleurs de trésor. Je commence ma marche
vers la cité.

Plus je me rapproche, plus les signes de
civilsation se font nombreux. La concentrations de villages augmente,
les forêts sont remplacées par les champs. J'aperçois bientôt les
remparts de la ville. Un marchand ambulant peu regardant à ses clients,
à l'extérieur, me procure une cape de mauvaise facture et des gants de
cuir contre quelques pièces. L'invisibilité, dans la cité, reste ma
meilleure arme. Je me joins à la foule qui va et viens aux portes de la
ville. Des humains, paysans principalement. Parfois, des nains, ou des
gnomes venant des contrées avoisinantes. Les elfes ne sortent plus que
rarement de leur forêts. Une fois à l'intérieur, j'évite les beaux
quartiers pour m'enfoncer dans les bas-fonds. La nuit tombent, les
créatures les plus diverses envahissent les rues. Prostituées tentant
d'aguicher les passants, hommes d'arme désoeuvrés, brigands de toutes
sortes se croisent à la lueur des quelques flambeaux qui peinent à
éclairer les étroites ruelles. La chaleur humaine, la puanteur de la
sueur et de la crasse deviennent étouffantes. Les pavés se perdent
parfois dans le noir, sombres coupe-gorge où des gredins attendent le
premier qui osera s'y aventurer, l'accueillant à coup de poignards. Un
homme passe au travers d'une vitre. A demi inconscient, il gît sur le
sol, se traîne vers un endroit plus sûr que le milieu de la rue où il
se fait littérallement piétiner. Je lève la tête et lis l'enseigne.
"Aux couteaux tirés". Bon présage ? Je pousse la porte.

Une
choppe de terre cuite me rase la tête et va s'écraser dans la rue.
L'ambiance est à la bagarre d'ivrogne, et la nuit vient seulement de
tomber. Triste monde. Me camouflant du mieux que je peux dans ma cape,
je commande un pichet de vin et va m'assoir à l'une des rares tables
libres, dans un coin sombre. Les effluves d'alcool me prennent à la
gorge. Toute cette agitation... contraste avec la solitude que j'ai
connu dans les montagnes. L'aubergiste m'apporte ma commande. Mes
doigts tremblent alors que je tente de retenir ma main de l'étrangler.
Les pièces roulent sur la table. Voyant mon trouble, il ne cherche pas
à comprendre, ramasse ses pièces et retourne derrière son bar. Je
contrôle la pulsion qui anime mon bras. Je sers le poing jusqu'a
entendre les os craquer à l'intérieur. Le démon se réveille, a soif de
sang. Je tente de faire passer le goût avec le vin, mais sa rage est
tellement puissante qu'elle en devient perceptible. Son aura maléfique,
couplée à la mienne, fait fuir les rats de la salle. Même les autres
clients deviennent nerveux. Du moins, ceux encore en l'état de
ressentir quelque chose. Le tremblement de mon bras s'atténue. Le démon
se calme, mais il est à l'affut. J'essaye de me concentrer sur les
conversations d'ivrognes, de saisir les bribes de paroles qui
pourraient me guider aux chasseurs. Rien n'y fait. Il parlent de leurs
propres malheurs, se complaisent dans l'alcool et la mélancolie, puis
jouent aux cartes, trichent sans même s'en rendre compte, puis se
battent. Les planches disjointes laissent passer la bière renversée,
qui goutte sur la terre, et va abreuver un chat du quartier. Je ne
saurais rien ici. Je sors, ombre parmi les ombres.

L'heure
tardive ne diminue pas le flux que charie sans discontinuer la rue,
fleuve polué par la décadence humaine. Quelques mains s'aventurent sous
ma cape, à la recherche de ma bourse. Araignées de chair qui se
retirent vite lorsque je les broie de mes doigts de fer. Le bandit
devant moi est moins magnanime. D'un revers de poignard, il tranche net
la main du voleur, qui s'effondre sous la douleur, se lamentant sur son
membre perdu. L'autre rit, vole les quelques pièces raflées par le
malheureux, et lui donne un coup de pied qui l'envoie valser contre un
mur. Le sang qui gicle de son bras, par sacade, asperge la pierre,
formant de macabres arabesques. Spectateur involontaire, je ne peux
cette fois résister à l'éveil subit du démon. J'ai juste le temps de
plonger dans une rue adjacente, où je me réfugie dans l'ombre, esperant
ne rencontrer personne. Malheuresement, une prostituée, croyant que je
cherche un plaisir nocture, m'aborde. Ma main jailli, se plaque sur son
visage, casse le fragile nez, continue sa trajectoire et l'achève
contre le mur de pierre. La tête s'écrase entre mes doigts, le sang
jailli avec force du crâne qui s'ouvre sous l'impact, avec un bruit mat
et humide. Je baisse le bras, et le corps encore tressautant de la
fille de joie s'affaisse, glisse contre le mur, y imprimant sa trâce
sanglante. Dans mes doigts et sur la pierre, des morceaux de crâne, de
cerveau, des cheveux rendus poisseux par le sang.

J'ai vécu
des horreurs, mais tuer contre ma volonté, en ressentant la joie
malsaine du monstre qui se cache dans mes entrailles, dépasse tout. A
mon tour, je m'assois sur le sol, dos à la pierre, face au cadavre.
Personne ne la cherchera. Le cadavre pourrira là, parmi les ordures,
dévoré par les rats et la vermine. Une goutte sur ma joue. Le tonnerre
gronde, éclate, et la pluie tombe enfin, recouvrant la ville de mes
larmes.
[/b]

Arthas

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Re: Arthas

Message par Arthas le Sam 13 Sep - 16:30

Chapitre XVIII : Recherche

Le
jour se lève, et me trouve toujours assis dans la ruelle, façe à la
prositutée. Si seulement l'aube pouvait effacer les cauchemards de la
nuit...
Mais je ne veux pas pourir là, moi aussi. Je me lève,
enjambe le corps de quleques ivrognes qui n'ont pu retrouver leur foyer
à temps. Tout bien considéré, c'est cette rue, leur foyer. Ils y
vivent, y meurent.
Et cela, personne n'a le pouvoir de le changer
à part eux même. Et que font-ils ? Ils dépensent toute leur paie en
alcool, se vautrant dans leurs déjections.
La foule parcourant les
rues et moins dense. Sa nature à changé. Ceux qui étaient là cette nuit
cuvent leur vin. Ceux qui déambulent à présent sont ceux qui vont au
marché... L'odeur de viande morte me parvient malgrès la distance. Ce
n'est pas l'heure des chasseurs. Ne me reste qu'a attendre la nuit
prochaine. Alors, comme un bête, je me cache, espèrant que personne ne
sera assez fou pour me découvrir, et réveiller le démon. Une carcasse
de maison brûlée me fournit l'abri désiré, et je songe, le temps que le
jour passe.

Les odeurs changent. Le soleil décline enfin.
Lorsqu'il se couche, le flot putride reprend ses droits. Je sors de ma
cachette, à la recherche de quelque chose qui pourrait m'apporter une
réponse. Une telle quantité d'or n'a pas pu passer inaperçue, même ici.
Et un groupe de chasseurs aussi important doit être connu dans une
ville comme celle-ci. Pourtant, personne n'en parle. Je me dirige vers
les quartiers plus aisés, echappant à la foule. Elle se fait beaucoup
plus rare ici. Plus enfarinée, moins grasse, moins crasseuse. Des
nobles, faisant des fêtes de nobles. Je passe devant une villa, ou
j'entends des airs de musique, des rires et des chants. Chacun fait la
fête à sa manière, mais cela reste la même chose. Ivrognerie, luxure,
perdition, que ce soit dans la soie ou la crasse. Je trouve enfin ce
que je cherche. Au coin d'une rue, un marchand d'objets rares. Il faut
bien qu'il se fournisse quelque part, il doit connaître ceux que je
cherche. J'entre, explorant les vitrines du regard, mais la dague n'est
pas là. Je pose ma question, avançant quelques pièces d'or sur le
comptoir. Après un coup d'oeil expert, il empoche l'or mais ne répond
pas. Quelques pièces de plus lui font oublier ses scrupules et ses
hésitations.

Je ressort, à la recherche de l'auberge indiquée,
qui est selon lui le repère des chasseurs de la ville. Un peu d'or bien
placé accélère ma recherche. Le crâne de jeune dragon qui sert
d'enseigne donne le ton. Ici, l'ambiance est plus aux conspirations,
ventes clandestines et recrutement d'aventuriers qu'a la beuverie.
Quoique... A mon entrée, un homme est debout sur une table, tentant de
chanter tout en buvant le contenu de sa choppe, contenu dont la
majorité se déverse sur son torse. Sur ses doigts, des bagues d'or. A
sa ceinture, sa bourse est si rebondie qu'elle menace de craquer. Les
hommes assis autour de "l'estrade" l'acclament et boivent à leur
succès. A côté, les autres aventuriers font grise mine, où jouent les
hypocrites en esperant se faire payer une tournée. Mon bras tremble, le
démon meurt d'envie de les massacrer, lacérant mon âme de ses griffes
qu'il voudrait sanglantes. Mais ce n'est pas la bonne méthode. Je le
contrôle, pour le moment. Un pichet de vin m'aide à patienter, dans un
coin de la salle. J'observe, j'écoute. Ce sont bien eux. Difficile de
les manquer. Ils ont déjà revendu le gros de leur stock. Ils fêtent
l'évenement. Une chasse aussi fructueuse est rare en ces temps de
misère. La bière de mauvaise qualité coule à flots, inondant leur
table, engluant leurs esprits dans le brouillard de la dépravation.
Bientôt, un chasseur sort par la porte de derrière pour satisfaire un
besoin naturel dans une ruelle avoisinante. Immediatement, je me lève
et le suis. Grave erreur. Ses compagnons sont restés à l'affut, et j'ai
à peine le temps de saisir ma victime que des mains se posent sur mes
épaules et qu'une lame se glisse sous mon menton. Voila leur erreur. Le
démon se réveille, et, pour une fois, je le laisse aller. Un des
malfrats vole s'écraser contre un mur, l'autre se brise plusieurs côtes
en tentant d'encaisser mon coup de poing. Un uppercut brise la machoire
d'un autre et l'envoie dans un tas d'ordures. Ils sont nombreux, mais
ils ont compris qu'ils avaient affaire à forte partie. Alors, les lames
sortent, les épées brillent sous la lune. A mon tour, je dégaine
Frostmourne, qui à on tour s'éveille après un très long sommeil. Elle
aussi à faim.

Leurs épées ricochent contre la pierre derrière
moi, tandis que j'esquive leurs coups. Je leur fait l'effet d'un
fantôme, presque invisible dans l'ombre de ma cape. Mû autant par la
peur que la haine, l'un se précipite sur moi et fini empalé sur ma
lame. Frostmourne s'abreuve, absorbe avec un plaisir non dissimulé
l'âme de l'homme. Je la dégage du cadavre, et elle chante, véritable
déesse d'acier. Je danse avec la mort, possédé par les deux démons que
je porte. Mais à cet instant, une intense douleur me perce le thorax.
Cette lame n'est pas physique, elle est spirituelle. Je comprends que
la dague à fait une autre victime. Mais le combat ne s'est pas arrêté
avec moi, et cette fois ce qui me transperce est bien réel. La colère
m'aveugle. Le démon a totalement pris le dessus. Il n'a cure de la
discrétion, il fait dans le carnage. Avec horreur, je vois mon mana se
concentrer sur mon poing, puis jaillir sur les chasseurs sous forme de
flammes infernales. Rien n'échappe aux flux destructeur. Bientôt, les
hommes sont au sol, carbonisés, dégageant une odeur écoeurante de chair
brûlée. Qu'importe. J'ai senti la dague. Je sais où elle est.

Je
retraverse la taverne, les flammes s'échappant de ma cape comme si
j'étais fait de braises. Bientôt, elles courent sur le sol, dévorant
avec avidité le bois sec dont est fait la moitié de la ville. Tant pis
pour la discretion. Le démon veut la mort. Tout les clients de la
taverne se vident bientôt de leur sang sur le sol, ou le nez sur leur
table, broyés par ma poigne ou transpercés par ma lame. Je sors, tandis
que derrière moi, s'écroule le bâtiment en feu. Mes pupilles
s'éclairent d'une lueur rougeâtre par la possession du démon, la cape
et l'épée couvertes de sang, j'apparaît au milieu de l'incendie comme
une vision de cauchemard aux passants horrifiés. Les cendres noires me
suivent en tourbillonant, cortège funèbre de mes victimes. Les flammes
se propagent, gagnent les bâtiments avoisinnants, et les habitants se
précipitent pour tenter de les arrêter, avant que le quartier tout
entier ne parte en fumée. Aucune pluie ne viendra les aider.




Chapitre XIX : Apocalypse

Je
m'éloigne dans les ombres, vers la dague. Vers ma délivrance. Les
flammes de la colère continuent de se propager. Elles me suivent, comme
si j'étais leur maître, sautant de maison en maison, carbonisant les
toits de chaume avec férocité, éclairant mon chemin de leur lueur
rougeâtre. Je ne vois plus que du rouge... Le sang qui me couvre, le
sang qui coule dans mon sillage, le sang partout, le sang qui gicle à
gros bouillon de la gorge de ce qui, mût par le désespoir, s'accrochent
à moi, me suppliant d'arrêter l'incendie qui me suit, animal docile.
Bientôt, c'est la ville entière qui brûle derrière moi, illuminant mes
pas d'une lueur vive, laissant échapper une fumée aussi noire que la
mort. Les cendres volent à présent, partout, transportées par le vent
qui charrie aussi l'odeur de la chair grillée. L'odeur de la
purification, l'odeur de la rédemption pour ces larves putrides qui
croupissent dans leur crasse.

Les souvenirs m'envahissent,
images de villes brûlantes, de forteresses incendiées, de bûchers
funéraires... toujours la même odeur. Toujours la même sensation de
chaleur, de puissance et de rage brute. Le feu me sert, car je sers la
Mort. Il obéi, sans même que j'ai besoin d'ordonner. Visions
cauchemardesques d'une apocalypse dans les flammes. Les cadavres que je
laisse derrière moi sont rapidement consumés, ou devrais-je dire
consommés, par le démon du feu qui me suit. Inconsciemment, je souris.
Le démon a pris possession de moi. Mes yeux gardent une couleur rouge
vive. Je suis fier de ces carnages. J'aime cette odeur. Je me sens
vivant, parmi tous ces morts anonymes. Un bruit étrange retenti,
sinistre. Je me rends compte qu'il vient de moi, que c'est mon rire. Ne
laissant derrière moi que destruction, je ris, ou plutôt le démon, à
travers moi, rit de mes actes, de ses actes. De cette destruction
aveugle, irraisonnée, jouissive.

Un homme se jette sur moi,
l'épée levée, prêt à l'abattre, guidé par le désespoir et la colère. Je
tends la main, et referme les doigts sur la lame qui se brise net. Mon
poing gauche se referme sur le col du malheureux, tandis que j'empoigne
sa chevelure. Avec un craquement sinistre, je sépare tête et tronc dans
un jet de sang, et lance le reste dans les flammes. Un escadron de
gardes arrivant au galop pour tenter d'éteindre l'incendie me repère,
et comprend que je suis le responsable. Il me dévisagent avec horreur,
et courent à ma rencontre. Frostmourne jailli, et chante encore. La
ballet s'engage, décisif, rapide, et mortel. Je suis transformé en bête
furieuse. La Mort plane sur la ville.

Poussé par je ne sais
quel instinct, je repère une haute tour à laquelle je monte, la vidant
de ses occupants dont certains préfèrent sauté par la fenêtre plutôt
que de m'affronter. D'en haut, la vue me frappe comme un coup de poing.
D'un coup, la fureur s'en va, le démon se retire, et ne reste que moi,
seul. Et enfin, je réalise. La nuit n'est plus. Les flammes montent
jusqu'aux cieux, embrasant les nuages de leur lueur rougeâtre, voilant
la lune de son haleine noire, plus noire que la nuit elle-même. Le
bruit des bâtiments qui s'effondrent se mêle aux hurlements de ceux qui
brûlent, en bas. Je peux presque voir les âmes s'élever, tourbillonner,
perdue